Poursuite du salaire ou contributivité? Les retraites au péril des comptes individuels

par Nicolas Castel

Les notes de l’IES – n°1- Février 2009

Faut-il discriminer les différents groupes de futurs retraités suivant leur espérance de vie ? Il s’agirait là d’une question de justice sociale selon un récent rapport d’Antoine Bozio et Thomas Piketty.

Nicolas Castel montre que ce rapport participe d’une idéologie contestable à l’œuvre dans les dernières réformes des retraites : celle de la « contributivité ».
Selon cette idéologie, les pensions de retraite doivent être appréhendées comme un revenu différé.

Cette logique, qui veut que chacun récupère ce qu’il a préalablement mis de côté, est un mythe qui n’obéit qu’à une exigence idéologique. D’un point de vue économique, nos cotisations d’aujourd’hui ne déterminent en rien nos pensions de demain.
On peut s’interroger sur l’idéal de justice porté par cette individualisation des retraites. Est-il si juste d’égaliser contributions et pensions sur l’ensemble du cycle de vie de chacun, singeant ainsi la capitalisation pour « sauver » les retraites par répartition ? Comment légitimer les critères selon lesquels serait calculé le « coût » de la retraite de chacun ?

Une autre logique a prévalu depuis l’après-guerre : celle de la pension comme poursuite du salaire au-delà du départ à la retraite. Non seulement plus  réaliste économiquement mais aussi plus juste socialement, elle constitue un modèle de socialisation du salaire qui mériterait d’être poursuivi.

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