Le salaire, un enjeu pour l’euro-syndicalisme. Histoire de la coordination des négociations collectives nationales.

Un ouvrage de Anne Dufresne
vendredi 25 mars 2011
par  Julien Dufour
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Historiquement, le salaire a toujours été au cœur de l’identité syndicale au niveau national. Or, à l’échelle de l’Union européenne, l’euro-syndicalisme a longtemps abandonné le salaire, considéré comme un sujet « tabou ». Et la modération salariale, initiée dans les années 1980 a progressivement été acceptée.
Comment les euro-syndicats peuvent-ils inventer aujourd’hui de nouvelles stratégies pour renouer avec la tradition de la défense du salaire ? Quelles revendications soutiennent-ils ? Un salaire minimum européen ?
Cet ouvrage détaille les initiatives syndicales mises en œuvre depuis le début des années 1990 pour coordonner les négociations collectives nationales sur trois niveaux (interprofessionnel, sectoriel et transfrontalier) au sein de la Confédération européenne des syndicats, des fédérations syndicales européennes (en particulier celle des métallurgistes), et du groupe de Doorn (Allemagne et Benelux).
Longtemps méconnue, l’histoire de la coordination salariale invite pourtant à jeter un regard nouveau sur la négociation collective et les relations professionnelles, à l’échelle européenne. Son cadre dépasse en effet le seul « dialogue social européen ». Processus politique, la coordination vise à renforcer, à court-terme, la position des syndicats lors des négociations nationales et, à plus long terme, à rendre possible des négociations au niveau européen. La tâche est immense, l’exercice extrêmement complexe.
Anne Dufresne identifie ici les raisons de la lenteur avec laquelle la négociation salariale s’européanise. Elle met en lumière son obstacle fondamental : la dépolitisation du salaire sous la contrainte du cadre macro-économique imposé par l’Union économique et monétaire. Mais l’auteure révèle aussi, et surtout, l’ampleur du travail syndical déjà accompli d’échange d’information et d’apprentissage croisé, au-delà des frontières, gage d’une capacité future de mobilisation européenne.
Le salaire sera-t-il un jour au cœur de l’euro-syndicalisme ?

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Sommaire

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2Introduction : La convergence sur la modération salariale dans l’UE2

– Le cadre macro-économique et la dépolitisation salariale dans l’UE ;

– Les syndicats, gardiens de la modération salariale, et le patronat, partenaire-lobby ;

– Du dialogue social « communautaire » à la coordination salariale « européenne ».

2PREMIÈRE PARTIE – AU NIVEAU INTERPROFESSIONNEL : LE SYNDICAT, GARDIEN DE LA MODÉRATION SALARIALE ?2

3Chapitre I – L’histoire de la coordination salariale de la CES3

1. La CES, longtemps aveugle sur les salaires ;

2. La double fonction de la norme salariale ;

Conclusion.

3Chapitre II – La perspective de revendications nouvelles : un pis-aller ?3

1. La négociation des accords d’entreprise transnationaux ;

2. Le salaire minimum européen en question ;

Conclusion.

2DEUXIÈME PARTIE – AU NIVEAU SECTORIEL : LA DIFFICILE CONSTRUCTION DE REVENDICATIONS COMMUNES2

3Chapitre III – La fédération européenne des métallurgistes, pionnière3

1. La méthode de la coordination ;

2. Des déclarations d’intention aux revendications communes ;

Conclusion.

3Chapitre IV – Les expériences dans les autres secteurs3

1. Le degré d’échange d’information ;

2. La mise en place de standards communs ;

Conclusion : Le passage à la deuxième étape politique.

2TROISIÈME PARTIE – AU NIVEAU TRANSFRONTALIER : DE LA RHÉTORIQUE À LA PRATIQUE2

3Chapitre V – Les réseaux interrégionaux sur la négociation collective3

1. Les réseaux interrégionaux sur la négociation collective ;

2. Les réseaux interrégionaux dans les autres secteurs ;

3. Objectifs, actions, et dimension européenne des réseaux.

3Chapitre VI – L’initiative régionale de Doorn3

1. La rencontre d’intérêts nationaux : la loi belge et l’« échappée allemande » ;

2. Les conflits d’intérêts nationaux révélés par l’utilisation de la norme ;

Conclusion.

2CONCLUSION ET PERSPECTIVES2

– La difficile européanisation syndicale ;

– Au-delà du dialogue social, vers une négociation collective européenne ;

– Refonder la pyramide de la hiérarchie des normes et le système européen de relations professionnelles.